JEAN-SÉBASTIEN MASSICOTTE

JOURNALISTE ET PHOTOGRAPHE

JEAN-SÉBASTIEN MASSICOTTE random header image

Jour 3: découvertes métisses

11 août 2009 · 1 commentaire

La chasse aux bisons, telle que présentée au Musée du Manitoba.

La chasse aux bisons, telle que présentée au Musée du Manitoba.

WASAGAMING (Clear Lake), Manitoba — À faire des rencontres, il devient vite évident à quel point l’histoire des Manitobains est importante. Peut être encore plus qu’ailleurs, on sent partout à quel point le passé est une source de fierté.

De par sa position centrale au pays, le Manitoba a servi de lieu de passage important entre l’Est et l’Ouest, en particulier aux XVIIIe et XIXe siècles, en plus d’offrir une route d’accès privilégiée pour les voyageurs de toutes origines en provenance des États-Unis. Un carrefour géographique, comme un carrefour dans l’histoire.

Au Musée du Manitoba, à Winnipeg, le jeune guide francophone Robert Malo nous a fait remonter le cours du temps pour nous permettre de revivre les moments forts de la vie de ses ancêtres européens. Mais aussi de ceux qui étaient déjà là avant l’arrivée des premiers colons.

Algonquins, Cris, Ojibwés, Sioux… les amérindiens ont une histoire riche sur le territoire manitobain. Un récit qui se poursuit alors qu’on découvre encore aujourd’hui de nouveaux sites archéologiques qui révèlent le mode de vie de ces peuples nomades.

Les métis Jules Chartrand et Doug Bruce parlent de la pêche aux dorés sur le grand lac Manitoba.

Les métis Jules Chartrand et Doug Bruce parlent de la pêche aux dorés sur le grand lac Manitoba.

Puis, il y a ceux qui partagent une culture mixte, les «sang-mêlés». En se rendant plus au nord au village de St. Laurent, près du grand lac Manitoba, notre guide Jules Chartrand nous a partagé sa vie de Métis.

Fils d’un Métis et d’une femme de descendance québécoise, l’homme de 75 ans est resté attaché au village qui l’a vu naître, dans une petite municipalité de 1200 habitants. Avec son accent caractéristique (j’te d’jis), il nous a notamment parlé de la pêche aux dorés sur le lac, activité si importante pour les gens de la communauté. En chemin, le pêcheur Doug Bruce, un Métis lui aussi, a raconté à son tour ses expéditions hivernales de pêche, loin sur la glace du plan d’eau avec son précieux Bombardier Snow Trac, un véhicule incontournable pour les résidants du coin à ce qu’il paraît.

Un accueil chaleureux qui a culminé avec un succulent repas de dorés chez Audrey Combot, une gentille dame qui habite au bord de l’immense lac aux superbes plages de sable fin, et chez qui quelques voisins de St. Laurent s’étaient déplacés pour venir nous saluer. Sympathique!

Un curieux spermophile au marais Oak, haut lieu pour l'observation de la faune ailée.

Un curieux spermophile au marais Oak Hammock, haut lieu pour l'observation de la faune ailée.

Précieux marais

En route pour St. Laurent, le Québécois d’origine Jacques Bourgeois nous attendait au Marais Oak Hammock son terrain jeu depuis 13 ans.

Le passionné d’ornithologie nous a fait découvrir cet habitat protégé pour la faune ailée — lieu de naissance de l’organisme de protection Canards illimités — qui regroupe plus de 300 espèces d’oiseaux.

Cependant, le temps de notre trop courte visite, c’est plutôt un parent de l’écureuil, le spermophile, qui a attiré l’attention. Espèce de chien de prairie en format réduit, la petite bête est amusante à voir se déplacer entre les trous de son terrier.

Définitivement, il faudra revenir pour pouvoir apprécier à sa juste valeur l’endroit et sa richesse.

[Lire la suite... →]

Marqueurs: Couverture en direct · Nouveautés · Photographie · Photos fraîches · Projets en cours · Reportages · Tournée Ouest 2009 · Tournée Ouest 2009 - été · Voyages

Jour 2: le monde débarque à Winnipeg

11 août 2009 · 1 commentaire

La Pologne a démontré qu'elle savait faire la fête.

La Pologne a démontré qu'elle savait faire la fête.

WINNIPEG — À défaut de partir à la conquête du monde, les gens de Winnipeg ont la possibilité de faire venir celui-ci à eux.

Mis sur pied en 1970 pour célébrer les 100 ans du Manitoba, le Folklorama s’inspire grandement des Expos mondiales, mais dans un format de fêtes communautaires, nécessairement plus modestes.

Autre différence, les pavillons des pays représentés sont dispersés à travers la ville et non pas concentrés à un seul endroit. À chaque année, c’est ainsi une quarantaine de cultures qui offrent une vitrine sur leur monde à la population et aux visiteurs de Winnipeg. Aucun effort n’est ménagé pour faire découvrir les attraits, la gastronomie et la culture des pays mis en valeur.

Après une tournée — et une Guinness — chez les Irlandais pour débuter la soirée, le party a vraiment levé au Heather curling club où les Brésiliens (des ressortissants et des sympatisants en provenance notamment de Winnipeg, de Vancouver et de Toronto) ont mis le feu à l’endroit avec une démonstration fort réussie de Capoeira, cette danse hautement athlétique qui simule des duels en corps à corps. Évidemment, les danseuses de Carnaval étaient aussi en action avec leur costume à paillettes, leur plumes, et leurs pas de danse sexy.

La capoeira mélange arts martiaux et danse sur des rythmes endiablés.

La capoeira mélange arts martiaux et danse sur des rythmes endiablés.

Le Folklorama, c’est aussi l’occasion de goûter les spécialités culinaires des pays hôtes. Comme cette crêpe sucrée au fromage cottage — appelée Naleśniki — au dessert chez les Polonais. Là encore, les danses traditionnelles ont égayé la soirée, arrosé — avec modération — de Nalewka Babuni cherry, un cordial aux cerises.

Ce qui surprend dans ce festival culturel étalé sur deux semaines, c’est l’implication de la communauté et l’intérêt soutenu de celle-ci. Au même moment, dans une vingtaine de salles à travers Winnipeg, des dizaines ou sinon des centaines de personnes, se regroupent pour célébrer. Trois représentations par jour, et à ce qu’il paraît, ça se rempli à chaque fois, peu importe la taille de la salle. Étonnant!

Au fil de la Rouge

En après-midi, c’est avec Cameron et Dave de Red River Outfitters que vous avons exploré la rivière Rouge. Question d’être de circonstance, c’est dans un canot voyageur «du nord» que nous avons parcouru environ 13 km. Pendant la balade, nos deux guides en costume d’époque ont pu nous en apprendre un peu plus sur les aventuriers qu’étaient les voyageurs. Une vie excitante très certainement, mais Ô combien rude et inconfortable si on pense au temps que ces canoteurs passaient sur l’eau dans les pires conditions.

Littérature techno

Belle découverte du côté de Saint-Boniface, à la Maison Gabrielle-Roy. Afin de s’approprier le quartier où a grandi l’illustre auteure de Bonheur d’occasion, Tourisme Riel organise des parcours pédestres où l’on est guidé par un appareil GPS. D’une simplicité désarmante, le gadget techno nous amène aux principaux attraits de ce quartier de Winnipeg, où historiquement les francophones s’étaient regroupés. Une aventure où se mélange la technologie et l’histoire et qui plaira à coup sûr.

[Lire la suite... →]

Marqueurs: Couverture en direct · Nouveautés · Photographie · Photos fraîches · Projets en cours · Reportages · Tournée Ouest 2009 · Tournée Ouest 2009 - été · Voyages