JEAN-SÉBASTIEN MASSICOTTE

JOURNALISTE ET PHOTOGRAPHE

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Jour 1: le mystère des valises

10 août 2009 · 1 commentaire

 

Compagnon d'infortune, François Heinse cherche ses bagages à son arrivée à Winnipeg.

Compagnon d'infortune, François Heinse cherche ses bagages à son arrivée à Winnipeg.

WINNIPEG — C’est toujours quand c’est supposé être simple que ça se complique sans raison.

En route pour Winnipeg, au Manitoba, il a fallu se rendre une province plus à l’ouest… en Saskatchewan — à Saskatoon plus précisément — avant de finalement se rendre à bon port. La raison? Je la cherche encore depuis l’escale à l’aéroport de Toronto. Visiblement, Air Canada n’a pas ce genre de préoccupation quand vient le temps d’expliquer la fiabilité de son service de transport.

C’était pourtant si simple. Partir de Québec, arrêter à Toronto avant de s’envoler pour Winnipeg. Sauf qu’au premier arrêt, j’aurais dû me douter que c’était mauvaise signe de rester coincé sur le tarmac de Pearson. Une bonne vingtaine de minutes à attendre devant la passerelle la porte ouverte. Au moins une bonne demi-douzaine de gars de l’entretien qui se regardent sous nos hublots à se demander quoi faire. Puis de son côté, l’agent de bord qui se confond en excuses. Sauf qu’au lieu de nous faire sortir dehors par une échelle de cinq marches, on s’obstine à vouloir utiliser la passerelle défectueuse. Dix mètres à faire pour atteindre le terminal… pas plus. Rien de surhumain à vivre pour une fois sans passerelle, surtout quand on descend d’un CRJ, l’autobus du ciel!

Au moins, ce délai m’a fait réaliser que le bum tatoué qui dormait en suit d’entraînement depuis Québec à côté de moi était en fait… le patineur Elvis Stojko! Pas vite sur mes patins! C’est finalement au moment de quitter que la conversation avec d’autres passagers m’a mis la puce à l’oreille. Le double médaillé d’argent aux JO de Lillehammer et Nagano et triple champion du monde, qui habite désormais au Mexique, serait en préparation pour un spectacle, d’où son passage à Québec.

Un ancien olympien qui n’a sûrement pas été impressionné de la tenue misérable d’un des partenaires officiels des prochains JO d’hiver, à Vancouver en 2010. En effet, à voir la suite des événements pour Air Canada, c’est à espérer que le message aux athlètes ne ressemblera pas à celui passé aux voyageurs par les agents au comptoir à la clientèle. Je m’explique.

Coincé à Toronto, je me retrouve parmi une foule de passagers qui tentent eux aussi de trouver un vol pour atteindre leur destination suivante. En réponse à l’impatience d’un passager qui trouvait que sa journée n’avait pas grand chose en commun avec l’itinéraire prévu de ses vols… un agent a répondu avec le plus grand sérieux: «C’est marqué sur le billet qu’on va vous amener à la destination. Ça ne dit pas quand.»

Pour faire une analogie, c’est comme si on disait aux athlètes canadiens des prochains JO d’hiver: «C’est primordial que vous donniez votre 110%, mais ça n’a pas d’importance que vous le fassiez en février… ou après!»

Bref, Air Canada devrait très certainement revoir ses façons de faire et ce, même si apparemment l’orage en question qui a occasionné les délais à Toronto «était presqu’une tornade», comme disaient les agents.

Car tornade ou pas… comment expliquer (outre le ciel bleu dans la ville Reine) que mes foutus bagages m’attendaient depuis la fin de l’après-midi, à l’heure prévue (sans surveillance, à côté du carroussel)… à l’aéroport de Winnipeg? Curieux, non?

Retard «divertissant»

On nous a «gentiment» attendu à Saskatoon pour la liaison qui nous amenait à Winnipeg. Car on a bien failli la rater celle-là à cause d’un retard additionnel de plus d’une heure à partir de Toronto. La raison cette fois? Une défaillance du système de divertissement. Résultat? Encore du temps de perdu pour finalement décoller sans rien qui marche.

Copains d’infortune

Dans l’adversité, mieux vaut prendre le tout avec le sourire et en bonne compagnie. Et pour ça, le hasard ne fait pas mieux. En effet, les délais ont eu l’avantage de mettre sur ma route François Heinse et Félix Coulombe, deux Québécois qui vont travailler dans le nord du Manitoba pour le développement de barrages. À trois, le dédale administratif a été pas mal moins emmerdant. C’est dire, on arrivait même à en rire au dîner!

Le vin pour oublier… et se souvenir

Le simple fait de terminer ma journée au bar de l’hôtel avec une coupe de vin était suffisant pour me faire retrouver le sourire après cette journée dans les airs. Encore mieux, malgré l’heure tardive, l’occasion a permis de renouer avec Marie-Claude, du Corridor touristique francophone de l’Ouest, et l’autre Marie-Claude, ma collègue de Canoë qui était de l’aventure de février dernier en Colombie-Britannique et en Alberta.

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