
Le moment est sérieux: l'hélico vient nous ramasser pour le retour à la base. — PHOTO JSMassicotte.com
LAKE LOUISE — D’un côté, la tranquillité d’une balade en montagne. De l’autre, le bruit et l’efficacité brutale de l’hélicoptère. Que penser alors de cette journée tout en paradoxe dans l’arrière-pays, le temps d’une randonnée de heli-hiking en raquettes?
L’excitation de découvrir les Rocheuses de plus près — et de plus haut! — est grande et c’est Martha McCallum qui nous partage sa passion pour son «grand petit» coin de pays, à près de deux heures au nord de Banff.
Le concept est simple: parcourir par le haut le canyon de la rivière Cline pour ensuite atteindre un point de rendez-vous où un hélico de Icefield Heli, dirigé par un Français d’origine qui a grandi au Québec, nous ramasse pour le retour à la base. Quatre kilomètres en terrain facile avec quelques beaux points de vue.
Nouveau produit pour Martha, la sortie ne rendait pas tout à fait justice au potentiel du lieu. Le manque de neige qui est chronique dans l’Ouest cet hiver faisait que les raquettes étaient plutôt utiles pour leurs crampons que pour leur flottaison… Quand au retour en hélico, les six minutes qu’il dure donne un trop bref aperçu de la beauté de l’endroit. Un peu frustrant! Mieux que rien? Peut-être. Ou encore, existe-t-il de meilleures façons pour profiter de l’immensité des Rocheuses? La question est lancée.
Déjà plus tôt cette semaine avec les guides Sylvain Hébert et Greg Hill, la réflexion au sujet de l’utilisation de l’hélico pour les sports d’aventure — dans leur cas l’héli-ski— avait amorcé une discussion intéressante et presque philosophique.
Ils s’exprimaient sur le plein air en format commercial, presque industriel, mais qui plaira toujours à une certaine clientèle… de préférence celle qui a de bons moyens et qui tient à se payer le trip de l’hélico. Martha, qui propose aussi la combinaison héli-yoga, constate elle-même la contradiction qui peut apparaître parfois entre la nature de l’activité et le côté mécanique et bruyant de l’affaire.

La femme derrière Martha's Heli-hikes, Martha McCallum, en action dans son bureau des Rocheuses. — PHOTO JSMassicotte.com
Qu’importe, le trip est bon, mais il reste qu’au bout de six minutes, l’investissement est meilleur si on est là pour la randonnée avec Martha. La grande guide qui ne cesse de sourire, cache derrière une certaine timidité une femme aux multiples métiers et aux mille talents. Monitrice de Yoga, psychothérapeute, cuisinière (elle fait systématiquement tous les lunchs pour ses clients) et biologiste, Martha mélange les chapeaux au fil des jours. Anglophone née à Montréal il y a 50 ans (c’est la soeur de l’ancien ministre libéral John McCallum), elle est toujours partante pour pratiquer son français.
Une autre personnalité à découvrir dans l’Ouest et qui fait que soudain, l’hélico devient plutôt secondaire…
Les détails qui tuent
Je dois sans doute être blasé après cet enchaînement dans certaines des plus belles chambres de la chaîne Fairmont. Confort, agréments, petites attentions et vues superbes ont été jusqu’à maintenant au rendez-vous. Par contre, au prix demandé pour une de ces chambres, il y a des détails qui tuent.
À commencer par le manque d’eau chaude à l’hôtel de Vancouver. Impardonnable! À Banff, c’est un chariot de l’équipe du ménage avec des sacs de poubelles qui débordaient et des roll-away beds qui m’ont accueilli à côté de ma porte et ce, tout au long de mon séjour. Génial! Aujourd’hui à Lake Louise, la situation était quasi irréprochable. Sauf deux petits détails: la piscine a été fermée sans avertissement, puis de délicieuses barres granola maison m’ont été gentiment offertes à ma chambre… sur une assiette cassée en deux! Décidément…
Enfin, il y a Internet qui semble être une commodité très accessoire dans la chaîne d’hôtels. Mais l’explication sera pour une autre fois. Mon lit m’appelle comme jamais et de ce côté, le Fairmont a trouvé le confort ultime.
Peut-être est-il possible d’acheter le matelas et les oreillers à la boutique de l’hôtel. Faudra vérifier avant de partir…