Pas facile de quitter le confort d’un bonne vieille paire de bottes de télémark. Alors que le périple dans l’Ouest arrive à grands pas, j’ai dû renoncer à amener mes fidèles Garmont Energy. Logistique oblige, il était beaucoup plus simple d’envisager les nombreux déplacements sur la route en emportant que des bottes de style alpin, puisque l’opportunité d’avoir les skis fournis sur place, toujours adaptés aux conditions de l’endroit, était gentiment offerte.
Reste que le problème était entier: à moins d’une semaine du départ, j’étais sans chaussures de ski! Heureusement, après quelques appels infructueux, le représentant Scarpa a finalement pu me dépanner avec sa flotte démo. Merci Stéphane! Et ça ne pouvait mieux tomber. Sous la main, il avait la Typhoon de la gamme freeride du fabricant italien. Un modèle destiné aux travailleurs de la montagne qui veulent une chaussure qui fait pratiquement tout, sur n’importe quel ski ou fixation. Descentes raides, approches, déplacements sans ski… la Typhoon se veut polyvalente. Mais qu’en est-il vraiment?
Le temps d’un essai rapide avant le départ, après quelques descentes, les premières impressions sont bonnes. À 4 lb 1 oz, la chaussure donne une impression de légèreté sans pour autant compromettre la rigidité de la coque. Une fois au froid et le loquet de marche/ski bien enclenché en mode descente, la sensation de solidité est convaincante (index de flex de 110).
Arrimée à un Nordica Speedmachine Mach 2 Power XBI CT 2009, la Scarpa Typhoon ne donne pas la sensation qu’on est à bord d’une botte AT. Et pourtant, avec sa semelle Vibram, son mode marche et sa langue interchangeable souple, la botte a beaucoup pour plaire aux amateurs de randonnée alpine… qui préfèrent mettre l’accent sur le contrôle au retour. Mais qu’on ne se trompe pas: malgré sa polyvalence, la semelle en est bien une adaptée au fixation typiquement alpine.
À première vue, le chausson Intuition est étonnamment chaud et les boucles arrondies en aluminium sont d’une grande facilité à manipuler au froid, même sous tension.
Toujours une question de morphologie et de préférences personnelles, le confort intérieur n’est pas encore au rendez-vous. Normal. Il est beaucoup trop tôt pour se prononcer. Avant le départ, je compte faire un peu de boot fitting et passer à la chaleur le chausson thermoformable pour améliorer la situation.
Ça devrait être suffisant pour donner la juste valeur de la chaussure quand les choses sérieuses commenceront, dans quelques jours à Whistler. Au retour, après quelques jours sur les pentes dans toutes sortes de conditions, il sera possible de voir si ces premières impressions changeront. À suivre!